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DJ Boubs

Pallabres avec Boubacar Diallo

« Certains musiciens me reprochent de favoriser untel…». Interview complète de l'homme plus connu sous le nom de DJ Boubs, parue dans le quotidien L’Office.

Il est de nos jours, sans conteste, l’une des principales attractions du microcosme médiatique sénégalais. Boubacar Diallo, plus connu sous le pseudonyme de DJ Boubs, a surgi sur la scène de l’animation avec une philosophie, de la créativité, aux antipodes de tout ce qui se faisait : une approche novatrice, repoussant au plus loin les sources de sa « tchatche. » Ce qui lui vaut l’approbation du public qui le chouchoute. Alors que d’autres se flatteraient de ce tourbillon de succès euphorisant, l’animateur de « 2 gun taan » se refuse à entrer dans un star-system.

A la première minute d’une rencontre avec ce fringant « boy Médina », l’on ne peut manquer de tomber admiratif devant son sourire sincère, son port altier, sa chaleureuse attention, sa vivacité d’esprit ; mais surtout son humilité. Dans ce milieu du show-biz, si souvent obsédé par le paraître, pour ne pas dire l’extravagance calculée que certains imposent comme un label de leur appartenance à un club élitiste, une telle bienveillance naturelle révèle une modestie rare. Sans détours, DJ Boubs s’est dévoilé sur son personnage, ses débuts, son travail, sa famille, entre autres. Entretien.

Qui est Boubacar Diallo ?

Je répondrais que je suis un animateur de la bande FM, qui a vu le jour à la Médina, plus précisément à la rue 11x 4, qui avait fait une profession de foi dans sa prime jeunesse. En langage clair, je voulais devenir footballeur professionnel, à l’image de mon idole Beckenbauer. Mais comme le dit l’adage « nul ne peut échapper à sa destinée ». Toutefois, j’ai reçu une éducation rigoureuse d’un père enseignant. J’ai effectué des études primaires et secondaires approfondies. Voilà en résumé Dj Boubs.

Quels furent vos débuts dans l’animation ?

En fait, rien ne me prédestinait à l’animation, mais j’ai toujours été un amuseur public. Je vais vous raconter une anecdote : il m’a été donné de me rendre en France, en 1993, avec un groupe restreint d’élèves au lycée Romain Rolland sur invitation de cette institution jumelée à mon lycée.Sur place, les professeurs nous ont demandé de leur montrer quelques facettes de la culture sénégalaise. Face à la réticence de mes camarades de classe, je me suis jeté à l’eau. Dès que j’ai fini ma démonstration, les professeurs, séduits, m’ont demandé si je faisais la radio. Cette approbation m’a motivé. De retour à Dakar, je fréquentais assidûment les boites de nuit, histoire de me familiariser avec l’animation. Quand j’ai empoché mon bac plus deux, j’ai beaucoup fréquenté les radios pour me perfectionner, mais en vain. Cependant, j’ai effectué divers travaux disparates tels que la maçonnerie, entre autres, pour ne pas rester les bras croisés, après ma formation professionnelle. C’est par le biais d’une annonce sur Sud FM que j’ai appris l’ouverture d’une nouvelle station, dénommée Walf. Je me suis constitué un dossier que j’ai déposé à Sacrée-Cœur, auprès de Mame Less Camara. C’est à la suite d’une audition devant le doyen Abdoulaye Lam et Reine Marie Faye que l’aventure a débuté avec l’animation.

Quelle type de formation avez-vous suivi après le bac ?

J’ai appris la comptabilité informatique de gestion et l’anglais économique. En fait, je suis un comptable doublé d’un commercial.

Avez-vous exercé votre métier ?

Non, mais j’ai le commerce dans les veines. Toute modestie, mise à part, ce n’est pas un hasard si j’excelle dans la promotion de la musique sénégalaise, comme dans les spots publicitaires.

Quelle a été la réaction de vos parents lorsque vous avez cédé aux sirènes de l’animation ?

Eh bien, ils étaient réticents au tout début. Ce qui était tout à fait normal, d’autant que mon papa tenait à ce que je devienne un cadre dans une société de la place. Et puis, il ne pouvait concevoir que je me lance dans ce métier après toutes ces années d’études, sanctionnées par des diplômes. D’ailleurs, il m’avait trouvé un stage à la banque centrale. En raison de mon goût immodéré pour l’animation et mon abnégation dans le travail, mes parents ont fini par me bénir. Je crois qu’ils ne regrettent pas cela aujourd’hui.

Pourquoi avez-vous jeté votre dévolu sur la promotion de la musique sénégalaise ?

Moi, j’ai toujours cru à notre « Mbalax » national. Mais je reconnais que je me suis décidé à le promouvoir au détour d’un voyage à Paname, où un DJ d’une boite de nuit m’a dit qu’il met 70 % de musique française, avant de s’ouvrir à d’autres sonorités. Ça a fait tilt dans ma tête. A cet instant, je me suis dit que je vais dorénavant privilégier la musique sénégalaise dès mon retour sur Dakar.

Quel est le souvenir qui vous a le plus marqué durant votre carrière ?

(Hésitations) Il y en a tellement, mais c’est l’émission que j’avais faite avec Jules Junior, dans l’entre deux tours des élections de 2000. Nous avions feu Pape Babacar Mbaye comme invité. Que Dieu l’accueille dans son paradis céleste. C’était une émission exaltante. On avait passé les tares de la société sénégalaise au peigne fin. Et puis notre invité, réputé pertinent dans ses interventions, nous le rendait bien. Cette interview m’a beaucoup marqué. Il y a aussi l’émission « Passe temps » que j’avais faite avec Ousmane Tanor Dieng, relative à la chute du parti socialiste. C’était vraiment émouvant, pour la bonne et simple raison que Tanor évoquait le départ de Diouf, leurs relations, la vie du parti, entre autres. C’est un souvenir qui est resté gravé dans ma mémoire.